Pour combattre les injustices,
Il faut comprendre leurs origines et leur évolution
Sorcières, infanticides, prostituées, criminelles, religieuses, corps, sexe, sexualité, amour, mort, vieillesse, violences...
Conférences proposées en fonction des journées nationales et internationales
consacrées aux droits des femmes et aux violences à leur encontre
CYCLE 1
Journées internationales de lutte féministe
Journée internationales de tolérance zéro à l'égard des mutilations génitales féminines
Ces conférences formations s’adressent aux personnels soignants, aux personnels de la police, des douanes, des pompiers, aux assistants sociaux et au monde associatif (Solidarité femmes, Planning familial...), aux IFSI, Facultés de médecine, Mairies, Conseils départementaux et régionaux, CIDFF, DDETSPP, CHU...

6 février
Image site OFPRA
Conférence proposée pour cette journée d’action
Les mutilations sexuelles : Les mutilations génitales féminines sont ancestrales, aujourd’hui elles concernent encore 230 M d’adolescentes. Rites de passage d’un autre âge, symboles de discriminations liées au genre, ces mutilations résultent de la volonté d’inhiber tout plaisir et assurer la fidélité de la future épouse.
Dès l’Antiquité, pour contrôler la sexualité féminine, des médecins déclarent l’inutilité du clitoris, car sans effet sur la conception. Ils prescrivent la clitoridectomie soit l’ablation du clitoris.
Au 16e siècle, Ambroise Paré le décrit comme un organe obscène et dangereux.
Au 17e siècle, la clitoridectomie est à nouveau préconisée par des chirurgiens français pour lutter contre la nymphomanie.
Au 18e siècle, de rares anatomistes osent défendre l’idée de son utilité dans la jouissance féminine, mais ils sont vite silenciés.
Au 19e siècle, des médecins recommandent de brûler le clitoris pour inhiber la masturbation des adolescentes. Le clitoris a toujours posé problème aux hommes. Aucune raison, religieuse, hygiénique ou culturelle ne peut justifier de telles tortures décidées par des hommes à leur profit, tout en laissant le soin de pratiquer ce barbarisme à des mains féminines, complices par tradition et peur.
Image site des Clitos


11 février
Image site de l'IRSST
Conférence proposée pour cette journée d’action
L’effet Mathilda : Contrairement à ce que raconte l’Histoire écrite par des mains masculines, de nombreuses inventions scientifiques émanent des femmes. Leurs travaux ont été occultés, effacés, minimisés et surtout récupérés par des chercheurs.
Au début des années 1980, l’historienne des sciences, Margaret Rossiter théorise le vol de ces inventions scientifiques par des hommes proches des réelles inventrices. Elle baptise ce phénomène Effet Mathilda en l’honneur de la militante féministe Matilda Joslin Gage (1826/1898).
Si cette théorie est récente, depuis l’Antiquité, les femmes ont été spoliées de leurs écrits ou inventions par les hommes. Il est temps de révéler la vérité, de dénoncer ce phénomène sexiste et rendre à toutes les créatrices et penseuses leur véritable place afin de prouver que le féminin vaut bien le masculin.


Image : Ministère chargé de l'égalité entre les femmes et les hommes
La fabrique du sexisme à travers les actes et le langage,
la naissance du féminisme
L’origine du sexisme plonge ses racines dans des temps très anciens.
S’il est difficile de prouver son existence dès la Préhistoire, il est aisé de démontrer ses effets civique et politique, en raison de leur infériorité et leur manque de raison, qualité soi-disant masculine.
Peu à peu, mais avec force et fracas, avec mesquinerie et violence, le sexisme a renforcé la domination masculine, par des actes et l’utilisation du langage.
La fameuse règle de grammaire Le masculin l’emporte sur le féminin, inventée au 17e siècle et réaffirmée au 18e puis imposée au 19e siècle, est l’un des meilleurs exemples de ce sexisme visant à éloigner les femmes de l’espace public. Le féminisme, mouvement de lutte, est devenu un contre-pouvoir essentiel néfastes dès l’Antiquité classique, laquelle a interdit aux femmes de participer à la vie.
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Féministes avant l’heure ?
Dès le début du 15e siècle, en Europe et plus encore en France, surgit une polémique littéraire dite Querelle des Femmes, relative à la place et le rôle des femmes dans la société. Des autrices et des auteurs prennent parti pour l’accès à l’instruction des filles, condition essentielle pour permettre aux femmes d’accéder aux mêmes fonctions que les hommes. L’esprit n’a pas de sexe !
Parmi ces autrices, Christine de Pisan (15e), Marie de Gournay (16e), Marguerite de Valois (17e) et Olympe de Gouge (18e) combattent la misogynie de leur temps et défendent avec vigueur le principe de l’égalité des sexes si difficile à atteindre.
Christine de Pisan,
Image sur le net d’après le site B.M.Besançon

Le droit de vote des Françaises : une histoire séculaire de l’appropriation du pouvoir politique par les hommes.
A la fin de la Révolution de 1789, l’espoir d’un droit de vote universel est vite réprimé, au profit des hommes et au détriment des femmes.
Au cours du 19e siècle, période de l’entre-soi masculin, des Françaises et des Européennes militent pour obtenir ce droit de citoyenneté et d’égalité.
Peine perdue, les femmes sont perçues comme incapables de décider car naturellement privées de raison. Accorder ce droit au sexe féminin détruirait la famille et l’ordre établi selon les hommes au pouvoir.
Les Françaises ont attendu avril 1944 pour obtenir ce droit, bien après la Finlande, la Suède ou la Russie, au terme d’une longue bataille. Retour sur une conquête historique.
Louise Weiss
une militante très dévouée / Image : Site ministère


28 mai
Journée internationale d'action pour la santé
des femmes
Conférence proposée pour cette journée d’action
Histoire des tabous médicaux et sociétaux face au corps féminin :
règles, endométriose et ménopause.
Le corps féminin a autant émerveillé que terrifié le sexe masculin. Contrairement à l’homme, soi-disant capable de maîtriser son sperme et d’engendrer à vie, la femme ne peut maitriser ses modifications biologiques. Son sang, versé ou non, a toujours posé problème. Les règles ou menstrues qualifiées de fleurs pour leur couleur rouge étaient dites catimini en raison d’une honte et d’une réputation maléfique d’où le rejet des femmes en sang. Enfin, la période taboue (et supposée) la plus sombre de la vie d’une femme la perte des fleurs ou ménopause qui la réduit à devenir invisible puisque inutile. A tout cela s’ajoute également l’hystérisation systématique de la femme liée à la présence de son utérus, pour mieux la dénigrer.


Image : Mouvement HF+
18 / 22 septembre
Conférence proposée pour cette journée de révélation
et d’initiation
Oui, les femmes écrivent, peignent, sculptent, composent et créent !
Matrimoine ? Quel drôle de mot !
Ce substantif n’est en aucun cas un néologisme, étant connu dès l’Antiquité et utilisé au Moyen Age. Il désigne l’héritage et les biens culturels des femmes.
Il a été effacé par l’Histoire et englobé dans le terme masculin, patrimoine, considéré plus noble. La disparition de ce mot est un acte politique visant à réduire le rôle des femmes dans la création culturelle.
Comprendre cet effacement permet d’éveiller les consciences et de mettre en lumière des œuvres restées dans les réserves des musées ou dénigrées sur le seul argument de leur féminité.
Camille Claudel


28 septembre
Image : Médecins sans frontières
Adeline Pasteur
Conférence proposée pour cette journée de lutte et de vigilance
Histoire de la Maternité, du droit à la Contraception et du droit à l’Avortement. Depuis les temps préhistoriques, le corps féminin a été instrumentalisé au service du plaisir masculin et de la procréation dans la douleur.
Culturellement, la grossesse fut assimilée à un passage obligé pour devenir «une vraie femme» selon les hommes !
Si l’Antiquité admettait la contraception et l’avortement fort dangereux pour la femme, les Temps chrétiens interdirent ces pratiques au nom de morale, obligeant les femmes à enfanter contre leur gré. Ces interdits ont généré de violentes souffrances chez de nombreuses femmes.
Après bien des luttes, le droit à la contraception et le droit à l’avortement ont été gagnés, mais ces droits restent fragiles. La vigilance reste essentielle, surtout en période de crise.
Remarque : Ce sujet peut donner lieu à une conférence croisée avec la consultante en communication, Adeline Pasteur, qui travaille à une publication sur les enjeux de la maternité des femmes et sur la question du choix entre devenir mère et/ou renoncer à ses ambitions, à sacrifier sa liberté et trahir les combats féministes.


11 octobre
Image : site Ministère Egalité-Diversité
Journée internationale des droits des filles
Conférence proposée pour cette journée
de mobilisation et d’action
Toutes les filles ont droit à une éducation de qualité.
Comme le constate Christine de Pisan, au début du 15e siècle, dans la Cité des Dames, les femmes sont moins savantes que les hommes parce que les petites filles ne vont pas à l’école et ne reçoivent pas la même instruction que les garçons.
En France, c’est à la fin du 19e siècle, que les choses commencent à bouger, mais il faut vraiment attendre la fin de la 1ere Guerre mondiale, pour que l’égalité soit instaurée par l’Etat. En apprenant, les filles peuvent diriger, décider, s’émanciper et être indépendantes. Le chemin fut long, il l’est encore dans le monde !
Image : site Exploracours


18 octobre
Image : Site Planning familial
Conférence pour cette journée d’information
et d’incitation à la recherche
Le sang des femmes ? Quand le sang féminin coule, il pose problème aux hommes. Une femme réglée prouve sa fertilité et son utilité à la société, mais elle est considéré souillée par ce sang qui s’évacue et dont il ne faut pas parler. Autrefois, les règles étaient appelées « catimini » !
Quant aux douleurs liées à l’endométriose, elles étaient considérées normales afin de punir la femme de ses péchés. Quand le sang ne coule plus, la femme ménopausée pose à nouveau problème et devient une sorte de monstre, un troisième sexe, totalement inutile.
Le sang des femmes a provoqué de nombreuses publications médicales masculines dès l’Antiquité avec pour objectif le dénigrement du sexe féminin par son hystérisation.
Image : Site Musée des Beaux-Arts de Besançon, tableau de Jean Chardin


OCTOBRE ROSE
Conférence pour cette mobilisation et sensibilisation
La santé des femmes. Bien que suivies médicalement cf la contraception, la grossesse, l’accouchement et la ménopause, les femmes souffrent de négligences dans la prise en charge de leur santé.
Leur parole est minimisée, leur douleur sous-estimée et les protocoles de recherche en médecine ne les incluent que trop rarement.
Histoire des raisons de ces inégalités médicales entre les H et les F et leurs conséquences au quotidien.
Remarque : Ce sujet peut donner lieu à une conférence croisée avec la consultante en communication, Adeline Pasteur, autrice d’un ouvrage son cancer du sein et son parcours. En rémission, elle partagera sa vision singulière de la maladie pour aider les patientes dans leur cheminement personnel.
Son intervention permet d’appréhender la question d’oser affirmer notre vulnérabilité et d’en faire une vraie force.

Ces conférences formations s’adressent aux personnels soignants, aux personnels de la police, des pompiers, aux mairies, aux conseils régionaux et départementaux, aux services préfectoraux, au monde associatif, (CIDFF, Solidarité femmes…), aux associations de quartiers, aux lycées, aux instituts de formation, aux universités...

Conférences proposées pour cette journée de lutte
contre toutes les violences faites aux femmes par les hommes
Enfermer et corriger les filles mineures du 19e siècle au milieu du 20e siècle
La mineure pauvre a souvent posé problème à la société !
Elle fut souvent soupçonnée de mal se conduire ou de se prostituer par facilité ou fainéantise. De 1838 à 1960, les mineures « désobéissantes », des adolescentes se promenant « en cheveux », riant à gorge déployée ou chapardant furent enfermées dans des couvents-refuges du Bon Pasteur sur ordre de leur père, d’un curé ou d’un juge.
Tenus par des Sœurs dites de Charité, peu charitables en vérité, ces centres étaient surtout de lieux de répression. Les enfermées y furent exploitées, forcées à travailler au profit des religieuses et subirent des maltraitances longtemps tenues secrètes.
Aujourd’hui la majorité des rescapées, dont la chanteuse Nicoletta, refusent d’en parler, tant les souvenirs sont douloureux. Ces jeunes filles furent des victimes, telles les accusées de sorcellerie. L’histoire du Refuge du Bon Pasteur mérite d’être révélé au grand public afin de rendre leur honneur à ces suppliciées et d’établir la vérité.
Image B.M.Besançon

Les femmes tondues : pourquoi tant de haine ?
Si la pratique de couper les cheveux au ras du cou des condamné.e.s à mort s’appliquait aussi bien aux hommes qu’aux femmes, celle de tondre et raser le crane fut surtout spécifique au sexe féminin.
Au Moyen Age, les femmes adultères subissaient cette peine, pour enlever leur attribut de séduction. La tonte des femmes prit toute son ampleur en France de 1943 à 1946, uniquement pratiquée par des hommes lors d’une cérémonie publique, afin de prouver leur virilité.
Si la loi permet d’emprisonner ou fusiller les collaboratrices et les traitresses à la patrie, elle ne permet jamais de tondre la coupable.
Ce châtiment essentiellement machiste témoigne de la condamnation d’une féminité dérangeante et de sa diabolisation.

Femme tondue pour avoir eu un enfant avec un soldat allemand et pour soupçon de délation,
une photo prise le 18 août 1944 par Robert Capa, dans un village près de Cherbourg.
Histoire de la prostitution des mineures
de l’Antiquité au 21e siècle.
Longtemps resté sujet tabou, la prostitution des filles mineures a été peu étudiée. Pourtant, des documents, archives, législations, récits prouvent son existence et la manière de la réprimer en punissant des victimes déclarées coupables.
Dans l’Antiquité, des adolescentes ont été sauvées de la mort pour mieux les exploiter sexuellement. Aux temps chrétiens, si l’enfant est un être sacré, il n’empêche ! Des parents, souvent des mères ont vendu leur fille, des brigands ont séquestré et vendu des filles à peine pubères,
l’Etat a même participé à ces violences en plaçant au 19e siècle des fillettes dans des fermes sachant parfaitement que les maîtres les violaient sans rien risquer pénalement.
Le trafic sexuel des fillettes vierges au 19e siècle était connu. Aujourd’hui, la prostitution des mineures prend des proportions inquiétantes, il est temps de connaitre le chemin de cette exploitation pour tenter de l’enrayer au mieux

La prostitution des femmes, une violence physique et morale approuvée par la société.
Si l’on en croit l’adage, la prostitution serait le plus vieux métier du monde.
Qui peut le prouver ? Les femmes préhistoriques attendaient-elles le chasseur à l’entrée de la grotte ?
Les femmes se prostitueraient librement en raison de leur désir incessant guidé par leur utérus ! Qui peut encore croire à cela ?
La prostitution, mal soi-disant nécessaire, fait partie des violences faites à des femmes, sacrifiées et asservies. Les réseaux, les clients sont des prostitueurs ayant pignon sur rue, depuis l’Antiquité.
L’histoire de ces violences prostitutionnelles permet de rétablir la vérité, de trouver les coupables et d’envisager la déconstruction des discours pour mieux interdire ce crime qui n’est autre qu’un viol répété.
Image personnelle

La chasse aux sorcières : une erreur judiciaire.
La chasse aux sorcières a provoqué la mort de 50 000 personnes innocentes, dont 80% furent des femmes.
Débutée au cours du 15e siècle, elle s’est développée suite à la publication du Marteau des sorcières, rédigé en 1486, par l’inquisiteur Henri Institoris et s’est amplifiée aux 16e et 17e siècles.
La chasse aux sorcières est un vaste complot misogyne, mis en place par des hommes très érudits, lesquels ont convaincu les populations rurales de dénoncer la sorcière afin de la brûler.
La répression a essentiellement condamné des vieilles femmes, devenues inutiles à la société, car ménopausées. Par la suite, la sorcière est devenue la victime d’une vaste erreur judiciaire, jamais reconnue, puis elle s’est transformée en une icône féministe. Le chemin fut long et douloureux pour atteindre cette reconnaissance.
Image B.M.Besançon

Image Wikipédia
Histoire du viol et des violences sexuelles.
Le viol est un crime, symbolisant la domination et les violences masculines.
A travers l’histoire de la perception du viol depuis la mythologie antique à nos jours, il est possible de mieux cerner la culture du viol.
Malgré des lois répressives ancestrales, le silence a été imposé aux victimes afin de protéger l’honneur des hommes de la famille. La douleur physique et morale ont été minorées provoquant l’impossibilité d’accorder le statut de victime à la femme violée, suspectée d'être consentante donc coupable car tentatrice.
Si le Code pénal (1810) considère le viol comme un crime, dans les faits la justice n'a pas pour habitude d'envoyer ces affaires devant les cours d'assises, niant ainsi la nature criminelle des actes. L’histoire du viol permet de mieux comprendre la tolérance de la société et de la justice face à ce crime, tolérance qui reste d’actualité.

Masculinisme et virilisme : une longue histoire
Idéologies toxiques qui prônent la domination masculine et la suprématie de l’homme sur la femme, le masculinisme et le virilisme ont toujours existé à travers des discours émanant d’érudits.
Aujourd’hui, ces deux pensées, qui célèbrent le modèle patriarcal et veulent contrôler le corps et l’esprit des femmes, s’affichent en plein jour à travers les réseaux sociaux.
Quelle est leur histoire ?
A qui ces discours s’adressaient-ils hier et aujourd’hui ?
Quels sont les dangers pour les femmes et la société ?

Maitre Isabelle Steyer
Féminicide sous le prisme de l’Histoire : du droit de battre sa femme au crime passionnel devenu féminicide.
En France, chaque année, malgré l’appellation Grande Cause nationale, plus de 120 femmes meurent sous les coups de leurs conjoints. Ces meurtres touchent toutes les classes de la société. Comment expliquer ces chiffres et ces violences trop longtemps banalisées.
L’histoire permet d’appréhender ces crimes, grâce aux textes législatifs et aux archives judiciaires. Il fut un temps, où le droit de battre sa femme était inscrit dans les coutumes régionales ou urbaines. Impossible de porter plainte.
Au 17e siècle, les lois royales ne reprennent pas ces coutumes mais ne les interdisent pas. Dès lors, frapper sa femme est toléré. AU 19e siècle, la justice parle de crime passionnel pour excuser le mari meurtrier.
Ce n’est qu’à la fin du 20e siècle, que les mentalités évoluent et que la société comprend que le féminicide perpétré est un crime de propriétaire, symbole de l’appropriation du corps des femmes par les hommes. Les féminicides ne sont pas des faits divers, mais bien des crimes qui s’inscrivent dans un continuum de violences.
Remarque : Les sujets histoire du viol et histoire du féminicide peuvent donner lieu à des conférences croisées avec une conférence de Maitre Isabelle Steyer, avocate au Barreau de Paris, spécialiste des violences faites aux femmes et aux enfants. Maitre Steyer intervient sur la prévention de l’Etat face aux crimes sexuels et crimes de sang sur conjointe, sur les réponses de la justice aux victimes de viol Ou sur les réponses de la justice face au féminicide.

CYCLE 2
MATRIMOINE
Biographies d'héroïnes connues ou méconnues
Conférences « Je veux faire ce que je veux »,
Comme le disait Colette dans Les vrilles de la vigne
Ces conférences présentent des femmes connues, méconnues, oubliées, effacées ou spoliées,
des destins à prendre en compte. Toutes ces femmes se sont battues pour vivre libres et agir
selon leurs envies, malgré les interdits imposés par les hommes.

Les Amazones de l’Antiquité
Dès le 8e siècle avant notre ère, les auteurs grecs inventent la figure de l’Amazone, inspirée des guerrières Scythes dont le mode de vie les fascine autant qu’il les effraie. Mais, la créature grecque, qui chevauche, combat et s’assume sans homme, ne peut survivre sans mettre en danger la société grecque, phallocrate et misogyne. Les auteurs décident de les exterminer sous leur plume et génèrent le premier féminicide fantasmé littéraire. Au 20e siècle, les Amazones renaissent à travers Wonder Woman et les Femen ukrainiennes et bousculent à nouveau les mentalités.

Les fées du Moyen-Age
Morgane, Viviane, Persine et sa fille Mélusine sont des figures mythiques et érotiques qui surgissent à partir du 12e siècle dans la littérature merveilleuse médiévale.
Certaines sont maléfiques, d’autres bénéfiques. Issues d’un monde parallèle, ces créatures sont des femmes de pouvoir et des figures féministes bien avant l’heure. Elles décident du destin des hommes et de leur propre avenir en tentant parfois de se libérer de leur statut de fées, sans toujours parvenir à leurs fins, car une fée ne peut que rester une fée.
La seule fée qui a réussi à faire ce qu’elle voulait, est Samantha, l’héroïne de ma Sorcière bien aimée, laquelle, d’ailleurs n’a rien d’une sorcière !
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Les béguines : des féministes avant l’heure ?
Au 13e siècle, des femmes célibataires ou veuves décidèrent de vivre en communautés en marge de l’Eglise, sans prononcer de vœux religieux mais en suivant des règles laïques strictes.
Quelques hommes firent de même. Ce désir de liberté effraya les autorités religieuses et civiles qui réprimèrent ces expériences.
En 1310, la béguine Marguerite Porete fut brûlée à Paris avec son manuscrit Le miroir des Ames simples, dans lequel elle dénonçait la vacuité du discours spirituel de l’Eglise. Peu à peu les béguinages disparurent, certains résistèrent malgré les difficultés. Une expérience de liberté à découvrir.
© Bibliothèque Municipale de Besançon (B.M.B)

Jeanne Antide Thouret (1765 Sancey le Long/1826 Naples)
Fondatrice de la congrégation des Sœurs de la Charité de Besançon, cette rebelle humaniste, égalitariste, féministe sans le savoir, reste une icône révolutionnaire malgré son désaccord avec les révolutionnaires et leurs violences.
Elle veut que les filles apprennent un métier et soient instruites pour être indépendantes financièrement. Béatifiée, canonisée, cette femme forte a fait preuve d’une immense détermination, face à deux prélats bisontins opportunistes voulant s’approprier son œuvre et récolter illégalement les lauriers de la gloire. Cette conférence nous mène à Sancey, Besançon, en Savoie, à Naples et dans le monde entier.
Pour en savoir plus :
Bourguet-Rouveyre Josiane, « Paola Arosio, Roberto Sani, Sulle orme di Vincenzo de'Paoli. Jeanne-Antide Thouret… Revue d’histoire moderne & contemporaine, 2009/3 : https://www.cairn.info/revue-d-histoire-moderne-et-contemporaine-2009-3-page-196.htm

Clarisse Vigoureux (1789/1865)
La plus sage des disciples de l’utopiste Charles Fourier.
Marquée par la ruine et le suicide de son époux, puis par la mort de sa fille aînée, Clarisse s’engage dans le militantisme au service au service de la pensée révolutionnaire, pacifiste et égalitaire de Fourier. Malgré les interdits visant les femmes, en plein 19e siècle, elle devient journaliste et dénonce l’apologie de la lutte des classes et de la violence prônée par certains politiques.
En 1856, elle part au Texas avec sa fille et son gendre, Victor Considérant, pour créer une communauté industrielle et sociale idéale, le phalanstère de La Réunion. Ruinée, elle meurt à San Antonio en 1865, où elle est enterrée.
Longtemps oubliée au profit d’autres disciples moins fidèles, cette femme courageuse mérite une véritable reconnaissance.

Jenny d’Héricourt (1809/1875)
Une affranchie en lutte face à la misogynie du célèbre penseur Joseph Proudhon. Cette érudite dénonça l’annihilation sociale de la femme, son exclusion du travail, de la politique, de la citoyenneté et du droit à l’autonomie.
Affirmant que la valeur d’un humain ne dépend pas de son sexe biologique, elle devient une des premières théoriciennes de la sociologie.
Ces idées furent refusées par les plus célèbres érudits du 19e siècle, époque de l’entre-soi masculin et de l’enfermement des femmes au foyer ou dans les maisons closes.
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Colette (1873/1954)
Sidonie-Gabrielle Colette, la première femme présidente de l’Académie Goncourt .
Romancière audacieuse, rebelle et provocatrice, Colette est une figure marquante de la littérature du 20e siècle Ses principales œuvres, telle la série des Claudine, Le Blé en herbe, Chéri, la Chatte, la Vagabonde et les Vrilles de la Vigne, traitent des mœurs de ses contemporains, des changements sociétaux et des orientations sexuelles.
Elle fut également mime, danseuse, actrice, mais également une journaliste inventive et une chroniqueuse de théâtre très investie. Sans être une militante féministe, Colette reste une émancipatrice pour les femmes de son époque mais son message « Je veux faire ce que je veux » reste d’actualité.
A sa mort, en raison de sa réputation sulfureuse, l'Église catholique refusa l’enterrement religieux, vexation largement compensée par des obsèques nationales, une grande première pour une femme !
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